Plan d’action pour arrêter

Il se peut que vous viviez seul votre consommation, sans en parler à vos proches ou votre entourage. Briser l’isolement est l’une des premières étapes à considérer. Afin d’augmenter vos chances de vaincre votre dépendance, il serait utile de trouver une ou des personnes proches qui pourraient vous soutenir dans votre démarche. Bien que le dévoilement puisse vous faire peur, notamment en raison de jugements ou discrimination possibles en provenance de votre entourage, rappelez-vous que les gens proches de vous, ceux que vous côtoyez régulièrement ou vos collègues de travail, s’en doutent peut-être. En effet, votre vie secrète qui débute le vendredi et se termine le dimanche soir, les différentes stratégies pour cacher votre consommation, l’air physiquement fatigué en semaine, l’agressivité ou l’état dépressif que vous pouvez laisser paraître ou encore l’absentéisme au travail (les lundis), inquiètent vos proches. Il est préférable de choisir quelques personnes parmi celles-ci et les inclure dans votre plan d’action. Elles seront rassurées de constater que vous vous prenez en main et que vous faites des actions concrètes, par exemple assister à des meetings ou aller en thérapie. Elles seront des personnes importantes dans votre réussite.

Les quelques personnes qui sont vraiment proches de moi me soutiennent et m’aiment comme je suis. Leur confiance m’aide à m’accepter moi-même et, au final, à moins consommer.Louis, 45 ans

 

Dévoilement à un ami, un proche, un membre de votre famille

Choisissez une personne proche de vous avec qui vous vous sentez en confiance. Cette personne pourra être présente aux moments où vous êtes le plus vulnérable, le jour de la paye, les vendredi soirs, les samedis soirs, etc. Planifiez des activités avec cette personne pour ces jours ou moments plus critiques. Demandez-lui si vous pouvez l’appeler lorsque l’envie de consommer vous prend. Parlez-lui aussi des options de thérapies qui sont disponibles pour vous.

Il existe des services offerts aux proches qui souhaitent apporter leur soutien. La page Aide aux proches donne quelques ressources.

Dévoilement à l’employeur

Il pourrait être utile de dévoiler à votre employeur (s’il y a lieu) le fait que vous êtes dans une démarche pour vaincre une dépendance à une drogue, surtout si vous prévoyez aller séjourner dans une  maison de thérapie pour quelques temps. Votre employeur a peut-être remarqué votre taux d’absentéisme, une baisse dans votre performance, vos comportements ou humeurs changeants si vous travaillez avec une clientèle difficile, etc. Il serait peut-être préférable d’agir de façon proactive et de dévoiler vos intentions. Cependant, comme la consommation est parfois mal comprise et que certains préjugés persistent, il est important de bien évaluer les pour et les contre avant d’entreprendre cette démarche.

Un congé de maladie de 15 semaines peut être soutenu par l’assurance-emploi, ce qui vous donnerait le temps d’aller en maison de thérapie fermée. Pour ce faire, il sera nécessaire de consulter un médecin pour le billet d’arrêt de travail. Consultez également votre couverture d’assurance collective au travail si vous en possédez une. Il existe peut-être également un programme d’aide aux employés dont vous pourriez aussi bénéficier pour une thérapie en cure fermée. Finalement, si vous faites partie d’un ordre professionnel, vérifiez si vous avez accès à un programme d’aide aux professionnels.

 

Trouvez un professionnel de la santé

Un professionnel de la santé pourra évaluer votre condition physique et psychologique et ainsi vous aider dans votre démarche. Il pourra également vous faire un dépistage complet des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) et vous traiter au besoin. Parlez à votre professionnel de la santé de votre consommation et de vos actions, et ce de façon honnête, afin d’atteindre vos objectifs en ce qui a trait à la diminution ou à l’arrêt de votre consommation.

 

Réduisez votre accès à l’argent

Demandez à un proche de garder votre carte bancaire et de s’occuper de vos paiements temporairement. Vous pouvez aussi demander à votre institution financière d’instaurer des restrictions dans votre compte bancaire. Par exemple, vous pouvez demander qu’un retrait maximum de 40$ au guichet automatique par jour vous soit autorisé. Cela pourrait vous empêcher de vous procurer du crystal si l’envie vous prenait. Vous pouvez également demander à votre institution financière de ne pas vous proposer de carte de crédit ou autres options de crédit. Ces mesures peuvent être prises de façon temporaire, le temps pour vous de réapprendre à vivre sans le crystal.

 

Occupez-vous !

Occupez vos fins de semaine ou les moments où vous consommiez. Débutez une nouvelle activité. Faites du sport. Remettez-vous en forme! Pourquoi ne pas tenter de rencontrer de nouvelles personnes (qui ne consomment pas) avec qui partager ces activités ?

 

Identifiez les pièges ou les dangers de rechuter

Évitez les endroits où vous consommiez comme les saunas, bars, clubs ou afterhours. Ne restez pas en contact avec les personnes qui consommaient avec vous (s’ils consomment toujours) ou les vendeurs de drogues. Soyez vigilant dans vos rencontres ou sur le chat. Évitez de rencontrer des gars qui veulent avoir du sexe en consommant (party and play ou PNP). Votre appartement est peut être devenu synonyme de repère pour consommer. Transformez cette ambiance. Refusez de consommer à la maison et d’y laisser entrer tout objet qui vous rappelle la consommation : bonbonne de gaz, allume-torche, pipe. Pour plusieurs personnes, le fait de se débarrasser de ces objets est efficace. Cependant, il est normal que dans le processus d’arrêt ou de diminution de la consommation il y ait des rechutes. S’il vous arrive de consommer après vous être débarrassé de votre matériel de consommation, assurez-vous de trouver du matériel propre au préalable. Enfin, éliminez tous vos contacts en lien avec la consommation.

 

Prenez soin de vous

Dormez bien, mangez bien. Récompensez-vous.

Auparavant, j’avais du mal à admettre que ma consommation était devenue un problème. Maintenant, je prends les choses comme elles sont et m’efforce d’adresser le problème en y allant
par étapes.Maxime, 33 ans

 

Choisissez votre thérapie

Vous pouvez choisir d’aller à des meetings, à une thérapie individuelle ou encore dans une maison de thérapie fermée. Si vous consommez du crystal de façon régulière, à toutes les semaines, il est probable qu’un arrêt, en thérapie fermée, vous sera nécessaire. Vous pourrez par la suite poursuivre en thérapie individuelle ou encore aller dans des meetings pour maintenir votre arrêt. Différents types de thérapie existent. Le choix du type de thérapie (par exemple fermée ou en suivi externe) devrait être basé sur votre consommation, vos besoins spécifiques et vos objectifs. Dans tous les cas, n’hésitez pas à vous informer sur les centres, la relation intervenant/client qu’ils entretiennent, le déroulement d’une journée type, la formation et les qualifications des intervenants, etc.

Consultez la section Ressources pour savoir à qui vous adresser pour faire cette recherche.

En étant honnête dans votre démarche, vous trouverez le soutien nécessaire auprès des ressources et de votre entourage. Voici trois modes de thérapie qui pourraient vous être utiles. Il pourrait être bénéfique de combiner plusieurs de ces modes de thérapie.

 

Les meetings

Les meetings peuvent vous permettre de rencontrer des personnes qui vivent les mêmes problématiques et préoccupations que vous. Les rencontres ont lieu en groupe et vous permettent de vous exprimer et d’écouter les autres. Les groupes de réunions de Crystal Meth Anonyme Montréal ont pour but de vous aider à réapprendre à vivre sans le crystal.

Crystal Meth Anonyme Montréal
Réunions tous les mardis et samedis à 19 h 30 au 1223-B Amherst,  Montréal.
Gratuit
cmamontreal.org
Courriel : cmamontreal@yahoo.ca

 

La thérapie individuelle

Vous pouvez envisager de débuter une thérapie individuelle avec un psychologue ou un intervenant spécialisé en toxicomanie. Cette démarche à moyen et long terme pourra vous aider à identifier les raisons sous-jacentes à votre consommation. Elle vous permettra également d’identifier les bonnes pistes de réflexions face à votre dépendance.

Les séances chez le psychologue se déroulent généralement une fois par semaine et sont payantes. Si vous possédez une assurance au travail, vérifiez votre couverture, les frais pour consultation auprès d’un(e) psychologue sont souvent inclus.  Si vous êtes sans emploi ou vous ne pouvez pas assumer les frais encourus, vous pouvez consulter une liste de cliniques et organismes qui offrent des consultations à tarifs réduits dans la section Ressources ou FAQ (questions fréquentes).

Les intervenants en toxicomanie peuvent vous aider à faire un plan d’action spécifique pour vous aider à bien vivre sans le crystal meth et reprendre votre vie en main.

 

Les maisons de thérapie

Les maisons de thérapie fermée vous permettent de vous retirer quelques temps pour arrêter de consommer. Elles ont chacune leur propre approche et sont situées dans différentes régions du Québec.

Comment choisir sa maison de thérapie ?

Vous pouvez rechercher votre maison de thérapie selon la région, selon les coûts à payer, selon la durée de votre séjour et selon l’approche préconisée par la maison. N’hésitez pas à demander à visiter une maison avant d’y séjourner, et même à y rencontrer un intervenant. Le choix doit surtout reposer sur la confiance que vous avez envers la maison et les intervenants.

Une liste des organismes certifiés est disponible sur le site du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Si vous désirez de l’aide pour choisir une maison de thérapie, téléphonez à Drogue : aide et référence au 1-800-265-2626 ou 514-527-2626 (région de Montréal).